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En un grand frisson bleu
Parce qu'il a des dentelles de ciel accrochées à son dos
Son vol est un grand frisson bleu franchissant les cieux
Parce qu'il a des rêves de beautés et de douceurs,
Là où s'arrête son vol naîssent de nouvelles fleurs
Parce que si sensible et gentil sous le vent il frémit,
Un pétale de rose lui suffit pour abri Parce que sa beauté irradie certains le pourchassent,
d'autres lui sourient..
Mais parce qu'il est majestueux, tous désirent y poser les yeux
Et c'est par un jour de novembre gris que
ce Prince Papillon en un grand frisson bleu
à mis des étoiles au creux de mes yeux.
Asaliha.
Merci Asaliha pour ce merveilleux poème .
Doux Chevalier Aujourd'hui tremble en mon coeur Un vague frisson d'étoiles Mais mon sentier s'évanouit Dans l'épaisseur du brouillard. Le jour m'a brisé les ailes, La douleur et le regret Ont baigné les souvenirs A la source de l'idée. Toutes les roses sont blanches Aussi blanches que ma peine ; Il n'y a que les roses blanches car il a neigé sur elles Et l'arc-en-ciel s'est éteint. Il neige aussi sur nos âmes. La neige de l'âme a ses Flocons de baisers, d'images Qui s'enfouissent dans l'ombre Ou le jour de la pensée. La neige des roses glisse, Celle de l'âme demeure, Et la griffe des années La transforme en un linceul. Fondra-t-elle, cette neige, Quand la mort viendra nous prendre ? Connaîtrons-nous d'autres neiges, D'autres roses plus parfaites ? ..... L'amour n'est-il qu'illusion ? Qui animera nos vies, Si la pénombre nous plonge Dans la véritable science Du Bien qui n'existe pas Peut-être, et du Mal tout proche ? .... Si l'azur n'est plus qu'un songe, Que sera donc l'innocence ? F.G. Lorca
Le ciel en nuit, s'est déplié Et la lune semble v eiller Sur le silence endormi.
Tout est si pur et clair, Tout est si pur et si pâle dans l'air Et sur les lacs du paysage ami, Qu'elle angoisse, la goutte d'eau Qui tombe d'un roseau Et tinte, et puis se tait dans l'eau.
Mais j'ai tes mains entre les miennes Et tes yeux sûrs ; qui me retiennent, De leurs ferveurs, si doucement ; Et je te sens si bien en paix de toute chose Que rien, pas même un fugitif soupçon de crainte, Ne troublera, fût-ce un moment, La confiance sainte Qui dort en nous comme un enfant repose.
Émile Verhaeren (1855-1916)
Je disais : " Quand viendra la reine que j'attends, La grande fiancée aux mains victorieuses, Je trouverai des paroles mystérieuses, Des mots couleur de ciel, d'aurore et de printemps.
" Et, comme réveillé d'un sommeil de cent ans Par le baiser de ses lèvres impérieuses, Pour dire nos amours pâles et merveilleuses Je chanterai d'antiques hymnes éclatants. "
Et te voici ! Je tiens tes deux mains adorées, Sus pouvoir proclamer en des chansons sacrées La gloire de ton corps et de ton coeur charmant.
Mais près de toi, muet de voluptés étranges, Je garde dans mon coeur silencieusement Mou amour trop profond pour s'épandre en louanges.
Éphraïm Mikhaël (1866-1890) L'aube, l'ombre, le soir, l'espace et les étoiles ; Ce que la nuit recèle ou montre entre ses voiles, Se mêle à la ferveur de notre être exalté. Ceux qui vivent d'amour vivent d'éternité.
Il n'importe que leur raison adhère ou raille Et leur tende, debout, sur ses hautes murailles, Au long des quais et des havres ses flambeaux clairs ; Eux, sont les voyageurs d'au delà de la mer.
Ils regardent le jour luire de plage en plage, Très loin, plus loin que l'océan et ses flots noirs ; La fixe certitude et le tremblant espoir Pour leurs regards ardents ont le même visage.
Heureux et clairs, ils croient, avec avidité ; Leur âme est la profonde et soudaine clarté Dont ils brûlent le front des plus hautains problèmes ; Et pour savoir le monde, ils ne scrutent qu'eux-mêmes.
Ils vont, par des chemins lointains, choisis par eux, Vivant des vérités que renferment leurs yeux Simples et nus, profonds et doux comme l'aurore ; Et pour eux seuls, les paradis chantent encore.
Émile Verhaeren
La fleur est l'arôme du coeur,
quand l'amour souhaite la fête
la lèvre y dépose en cachette
un baiser rempli de douceur...
Ce qu'on se dit est peu de chose,
l'azur du ciel, l'éclat du jour
l'herbe, le papillon, la rose...
Mais chaque mot révèle l'amour.
Avec mes sens, avec mon coeur et mon cerveau, Avec mon être entier tendu comme un flambeau Vers ta bonté et vers ta charité Sans cesse inassouvies, Je t'aime et te louange et je te remercie D'être venue, un jour, si simplement, Par les chemins du dévouement, Prendre, en tes mains bienfaisantes, ma vie.
Depuis ce jour, Je sais, oh ! quel amour Candide et clair ainsi que la rosée Tombe de toi sur mon âme tranquillisée.
Je me sens tien, par tous les liens brûlants Qui rattachent à leur brasier les flammes ; Toute ma chair, toute mon âme Monte vers toi, d'un inlassable élan ; Je ne cesse de longuement me souvenir De ta ferveur profonde et de ton charme, Si bien que, tout à coup, je sens mes yeux s'emplir, Délicieusement, d'inoubliables larmes.
Et je m'en viens vers toi, heureux et recueilli, Avec le désir fier d'être à jamais celui Qui t'est et te sera la plus sûre des joies. Toute notre tendresse autour de nous flamboie ; Tout écho de mon être à ton appel répond ; L'heure est unique et d'extase solennisée Et mes doigts sont tremblants, rien qu'à frôler ton front, Comme s'ils y touchaient l'aile de tes pensées.
Émile V. Tout m'y parle une langue aux intimes accents Dont les mots, entendus dans l'âme et dans les sens, Sont des bruits, des parfums, des foudres, des orages, Des rochers, des torrents, et ces douces images, Et ces vieux souvenirs dormant au fond de nous, Qu'un site nous conserve et qu'il nous rend plus doux. Là mon cœur en tout lieu se retrouve lui-même ! Tout s'y souvient de moi, tout m'y connaît, tout m'aime !
A. Lamartine
Tu ne ressembles à personne
sinon à toi
sinon en toi.
Tu ne ressembles
ni à mes rêves ni à mes espoirs
simplement à tout ce que tu peux être.
Sois-le pour toi.
Jacques Salomé Dans l'amour la vie a encore
L'eau pure de ses yeux d'enfant
Qui s'ouvre sans savoir comment
Sa bouche est encore une fleur
Dans l'amour la vie a encore
Ses mains agrippantes d'enfant
Ses pieds partent de la lumière
Et ils s'en vont vers la lumière
Dans l'amour la vie a toujours
Un coeur léger et renaissant
Rien n'y pourra jamais finir
Demain s'y allège d'hier.
Paul Eluard
Derrière le bleu...des yeux, Bleue, la Mer, Bleue, la Lune Bleue, la feuille de papier, Et si tu réfléchis bien... Rien n'est bleu.
Tout n'est qu'apparence, Tout n'est qu'effet d'optique. Et le Blues aussi, alors ?
Encre bleue de tes yeux noirs Encre noire avec laquelle j'écris Noir de mes yeux verts, Vert de gris du gris de la souris,
Tout n'est qu'apparence, Tout n'est qu'effet d'optique. Ecorce bleue d'un arbre mythique, Mer jaune d'un désert oublié Et sable rouge d'une planète voisine
Tout n'est qu'apparence, Tout n'est qu'effet d'optique. Le seul Bleu qui existe vraiment, C'est celui de ton Ame, Lorsque la paix l'éclaire.
Et ce bleu là, N'est pas apparence,
Il est....transparence.
A.Cresci
La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur, Un rond de danse et de douceur, Auréole du temps, berceau nocturne et sûr, Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.
Feuilles de jour et mousse de rosée, Roseaux du vent, sourires parfumés, Ailes couvrant le monde de lumière, Bateaux chargés du ciel et de la mer, Chasseurs des bruits et sources des couleurs,
Parfums éclos d'une couvée d'aurores Qui gît toujours sur la paille des astres, Comme le jour dépend de l'innocence Le monde entier dépend de tes yeux purs Et tout mon sang coule dans leurs regards.
Paul Eluard (1895-1952)
"Qu'est-ce qu'un nom? La fleur que nous appelons "rose", si elle portait un autre nom, aurait-elle moins de parfum?"
(W.Shakespeare) Mon âme vers ton front où rêve, ô calme soeur, Un automne jonché de taches de rousseur, Et vers le ciel errant de ton oeil angélique Monte, comme dans un jardin mélancolique, Fidèle, un blanc jet d'eau soupire vers l'Azur ! - Vers l'Azur attendri d'Octobre pâle et pur Qui mire aux grands bassins sa langueur infinie Et laisse, sur l'eau morte où la fauve agonie Des feuilles erre au vent et creuse un froid sillon, Se traîner le soleil jaune d'un long rayon.
S. Mallarmé Oh ! quand je dors...
- Soudain ma bouche S'entr'ouvrira !
Sur mon front morne où peut-être s'achève
Un songe noir qui trop longtemps dura,
Que ton regard comme un astre se lève...
- Soudain mon rêve Rayonnera !
Puis sur ma lèvre où voltige une flamme,
Eclair d'amour que Dieu même épura,
Pose un baiser, et d'ange deviens femme...
- Soudain mon âme S'éveillera ! Victor HUGO (1802-1885) Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.
Tout en chantant sur le mode mineur
L'amour vainqueur et la vie opportune
Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,
Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d'extase les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.
Paul Verlaine Clair de lune(Fêtes galantes)
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