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日志


En un grand frisson bleu

 

En un grand frisson bleu

Parce qu'il a des dentelles de ciel  accrochées à son dos

Son vol est un grand frisson bleu franchissant les cieux

Parce qu'il a des rêves de beautés et de douceurs,

Là où s'arrête son vol naîssent de nouvelles fleurs

 

Parce que si sensible et gentil sous le vent il frémit,

Un pétale de rose lui suffit pour abri
Parce que sa beauté irradie certains le pourchassent,

d'autres lui sourient..

 

Mais parce qu'il est majestueux, tous désirent y poser les yeux

Et c'est par un jour de novembre gris que

ce Prince Papillon en un grand frisson bleu

à mis des étoiles au creux de mes yeux.

Asaliha.

 

Merci Asaliha pour ce merveilleux poème .

Doux Chevalier

Chanson d'Automne

Aujourd'hui tremble en mon coeur
Un vague frisson d'étoiles
Mais mon sentier s'évanouit
Dans l'épaisseur du brouillard.
Le jour m'a brisé les ailes,
La douleur et le regret
Ont baigné les souvenirs
A la source de l'idée.  
Toutes les roses sont blanches 
Aussi blanches que ma peine ;
Il n'y a que les roses blanches 
car il a neigé sur elles
Et l'arc-en-ciel s'est éteint.
Il neige aussi sur nos âmes. 
La neige de l'âme a ses 
Flocons de baisers, d'images
Qui s'enfouissent dans l'ombre
Ou le jour de la pensée.
La neige des roses glisse,
Celle de l'âme demeure, Et la griffe des années La transforme en un linceul. 
Fondra-t-elle, cette neige, 
Quand la mort viendra nous prendre ? 
Connaîtrons-nous d'autres neiges, 
D'autres roses plus parfaites ?  ..... 
L'amour n'est-il qu'illusion ? 
Qui animera nos vies, Si la pénombre nous plonge 
Dans la véritable science 
Du Bien qui n'existe pas 
Peut-être, et du Mal tout proche ? .... 
Si l'azur n'est plus qu'un songe, 
Que sera donc l'innocence ?                 
 F.G. Lorca

 

Le ciel en nuit, s'est déplié


Le ciel en nuit, s'est déplié
Et la lune semble v eiller
Sur le silence endormi.

Tout est si pur et clair,
Tout est si pur et si pâle dans l'air
Et sur les lacs du paysage ami,
Qu'elle angoisse, la goutte d'eau
Qui tombe d'un roseau
Et tinte, et puis se tait dans l'eau.

Mais j'ai tes mains entre les miennes
Et tes yeux sûrs ; qui me retiennent,
De leurs ferveurs, si doucement ;
Et je te sens si bien en paix de toute chose
Que rien, pas même un fugitif soupçon de crainte,
Ne troublera, fût-ce un moment,
La confiance sainte
Qui dort en nous comme un enfant repose.
 
Émile Verhaeren (1855-1916)

La reine

Je disais : " Quand viendra la reine que j'attends,
La grande fiancée aux mains victorieuses,
Je trouverai des paroles mystérieuses,
Des mots couleur de ciel, d'aurore et de printemps.

" Et, comme réveillé d'un sommeil de cent ans
Par le baiser de ses lèvres impérieuses,
Pour dire nos amours pâles et merveilleuses
Je chanterai d'antiques hymnes éclatants. "

Et te voici ! Je tiens tes deux mains adorées,
Sus pouvoir proclamer en des chansons sacrées
La gloire de ton corps et de ton coeur charmant.

Mais près de toi, muet de voluptés étranges,
Je garde dans mon coeur silencieusement
Mou amour trop profond pour s'épandre en louanges.
 
Éphraïm Mikhaël (1866-1890)

L'aube, l'ombre, le soir, l'espace et les étoiles

L'aube, l'ombre, le soir, l'espace et les étoiles ;
Ce que la nuit recèle ou montre entre ses voiles,
Se mêle à la ferveur de notre être exalté.
Ceux qui vivent d'amour vivent d'éternité.

Il n'importe que leur raison adhère ou raille
Et leur tende, debout, sur ses hautes murailles,
Au long des quais et des havres ses flambeaux clairs ;
Eux, sont les voyageurs d'au delà de la mer.

Ils regardent le jour luire de plage en plage,
Très loin, plus loin que l'océan et ses flots noirs ;
La fixe certitude et le tremblant espoir
Pour leurs regards ardents ont le même visage.

Heureux et clairs, ils croient, avec avidité ;
Leur âme est la profonde et soudaine clarté
Dont ils brûlent le front des plus hautains problèmes ;
Et pour savoir le monde, ils ne scrutent qu'eux-mêmes.

Ils vont, par des chemins lointains, choisis par eux,
Vivant des vérités que renferment leurs yeux
Simples et nus, profonds et doux comme l'aurore ;
Et pour eux seuls, les paradis chantent encore.
Émile Verhaeren

La fleur

La fleur est l'arôme du coeur,
quand l'amour souhaite la fête
la lèvre y dépose en cachette
un baiser rempli de douceur...
 

Au coeur des mots

Ce qu'on se dit est peu de chose,
l'azur du ciel, l'éclat du jour
l'herbe, le papillon, la rose...
Mais chaque mot révèle l'amour.
 
 
 

Avec mon coeur

Avec mes sens, avec mon coeur et mon cerveau,
Avec mon être entier tendu comme un flambeau
Vers ta bonté et vers ta charité
Sans cesse inassouvies,
Je t'aime et te louange et je te remercie
D'être venue, un jour, si simplement,
Par les chemins du dévouement,
Prendre, en tes mains bienfaisantes, ma vie.
Depuis ce jour,
Je sais, oh ! quel amour
Candide et clair ainsi que la rosée
Tombe de toi sur mon âme tranquillisée.
Je me sens tien, par tous les liens brûlants
Qui rattachent à leur brasier les flammes ;
Toute ma chair, toute mon âme
Monte vers toi, d'un inlassable élan ;
Je ne cesse de longuement me souvenir
De ta ferveur profonde et de ton charme,
Si bien que, tout à coup, je sens mes yeux s'emplir,
Délicieusement, d'inoubliables larmes.
Et je m'en viens vers toi, heureux et recueilli,
Avec le désir fier d'être à jamais celui
Qui t'est et te sera la plus sûre des joies.
Toute notre tendresse autour de nous flamboie ;
Tout écho de mon être à ton appel répond ;
L'heure est unique et d'extase solennisée
Et mes doigts sont tremblants, rien qu'à frôler ton front,
Comme s'ils y touchaient l'aile de tes pensées.
Émile V.

Les mots...

Tout m'y parle une langue aux intimes accents
Dont les mots, entendus dans l'âme et dans les sens,
Sont des bruits, des parfums, des foudres, des orages,
Des rochers, des torrents, et ces douces images,
Et ces vieux souvenirs dormant au fond de nous,
Qu'un site nous conserve et qu'il nous rend plus doux.
Là mon cœur en tout lieu se retrouve lui-même !
Tout s'y souvient de moi, tout m'y connaît, tout m'aime !
 
A. Lamartine

Tu ne ressembles à personne

Tu ne ressembles à personne

  sinon à toi 

     sinon en toi.

Tu ne ressembles

  ni à mes rêves ni à mes espoirs

     simplement à tout ce que tu peux être.

Sois-le pour toi.

 

Jacques Salomé

Dans l'amour

Dans l'amour la vie a encore

L'eau pure de ses yeux d'enfant

Qui s'ouvre sans savoir comment

Sa bouche est encore une fleur

 

Dans l'amour la vie a encore

Ses mains agrippantes d'enfant

Ses pieds partent de la lumière

Et ils s'en vont vers la lumière

 

Dans l'amour la vie a toujours

Un coeur léger et renaissant

Rien n'y pourra jamais finir

Demain s'y allège d'hier.

 

Paul Eluard

 

 

Derrière le bleu...des yeux

Derrière le bleu...des yeux,
Bleue, la Mer,
Bleue, la Lune
Bleue, la feuille de papier,
Et si tu réfléchis bien...
Rien n'est bleu.

Tout n'est qu'apparence,
Tout n'est qu'effet d'optique.
Et le Blues aussi, alors ?

Encre bleue de tes yeux noirs
Encre noire avec laquelle j'écris
Noir de mes yeux verts,
Vert de gris du gris de la souris,

Tout n'est qu'apparence,
Tout n'est qu'effet d'optique.
Ecorce bleue d'un arbre mythique,
Mer jaune d'un désert oublié
Et sable rouge d'une planète voisine

Tout n'est qu'apparence,
Tout n'est qu'effet d'optique.
Le seul Bleu qui existe vraiment,
C'est celui de ton Ame,
Lorsque la paix l'éclaire.

Et ce bleu là,
N'est pas apparence,

Il est....transparence.
                                 A.Cresci                             

La courbe de tes yeux

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

 
Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.

Paul Eluard (1895-1952)


Qu'est-ce qu'un nom?

"Qu'est-ce qu'un nom?
La fleur que nous appelons "rose",
si elle portait un autre nom,
aurait-elle moins de parfum?"
(W.Shakespeare)

Soupir


Mon âme vers ton front où rêve, ô calme soeur,
Un automne jonché de taches de rousseur,
Et vers le ciel errant de ton oeil angélique
Monte, comme dans un jardin mélancolique,
Fidèle, un blanc jet d'eau soupire vers l'Azur !
- Vers l'Azur attendri d'Octobre pâle et pur
Qui mire aux grands bassins sa langueur infinie
Et laisse, sur l'eau morte où la fauve agonie
Des feuilles erre au vent et creuse un froid sillon,
Se traîner le soleil jaune d'un long rayon.
S. Mallarmé

Oh ! quand je dors...

Oh ! quand je dors...

- Soudain ma bouche S'entr'ouvrira !

Sur mon front morne où peut-être s'achève

Un songe noir qui trop longtemps dura,

Que ton regard comme un astre se lève...

 - Soudain mon rêve Rayonnera !

Puis sur ma lèvre où voltige une flamme,

Eclair d'amour que Dieu même épura,

Pose un baiser, et d'ange deviens femme...

- Soudain mon âme S'éveillera ! Victor HUGO (1802-1885)

Clair de lune

Votre âme est un paysage choisi

Que vont charmant masques et bergamasques

Jouant du luth et dansant et quasi

Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur

L'amour vainqueur et la vie opportune

Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur

Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,

Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres

Et sangloter d'extase les jets d'eau,

Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.

Paul Verlaine Clair de lune(Fêtes galantes)